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Entre Vues (page 6)
Sous le parapluie noir
Sous le parapluie noir, elle ne se cachait plus. Son corps devenait le livre à lire. J'allais en savourer les moindres lignes, en avaler le moindre mot.
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Passage
Passage de l'ombre à la lumière
mais aussi de la lumière à l'ombre
quand l'ombre est protectrice
Passage de l'indifférence à la différence
Passage de la solitude à la cohésion
quand la solitude pèse,
passage à la légèreté
Passage de la claustration du corps à la nudité des corps,
pour toute parure la trace des caresses, l'eau des baisers mouillants,
le souffle oublié sur la peau humide, les traces plantées là par les dents avidesPassage d'une existence délavée, frustrée, éteinte
à une vie multicolore, assouvie, éclatantePassage du connu, du trivial, du commun
à la découverte, à la délicatesse neuve, au singulier,
du terrain plat à découvert à la forêt aux mystères enfouisPassage du raisonnable, calculé, compréhensible
à l'inconnu improvisé fantaisiste
du juge régulier à l'ange du bizarre
de l'ange du péché au juge des plaisirsPassage d'une facilité contrainte, d'une certitude acquise
à une incertaine et libertaire mise en abîme,
mise en danger permanent d'exister par soi-même
et par l'Autre choisiPassage de Toi,
de Moi
au Nous, infiniment multiplié par les mots et les gestes de l'amour
Pierre Bonnard
La sieste
(1900)
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