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"Où étais-tu ?"
Je me retourne
Es-tu là,
Non,un chien aboie,
Une fille passe parfumée de grâce juvénile,
Ses pas qui trottent, pressés, sur l'asphalte,
Où es-tu,
Les camions de lait ont disparu,
Avec les laitiers,
C'est bien, le matin, les rues sont vides dit-on,
Tu n'es pas là ?

Quelqu'un touche mon épaule,
Monsieur dit-il
Je n'ai pas compris le nom,
Ce n'était pas moi
Es-tu déjà partie
Ou pas encore arrivée,
Es-tu morte si jeune
Ou pas encore née,
Portes-tu un nom que je reconnaîtrai,
La mer s'en va, s'en vient, hésite,
Haute ou basse
Ou ni haute ni basse,
Selon une formule nouvelle
Trouvée pour cette occasion,
On parle du silence de la mer,
Pas de ses jacasseries, de ses ricanements,
Je la retiens dit-elle dans les embruns salés
Dans l'écume un peu sale,
Dans les vagues noires sous la lune,

Jamais elle ne touchera la rive,
Je me retourne,
Un chien heurté par un camion voit défiler
Sa vie de chien derrière ses yeux qui apprennent la mort,
Je me détourne et me perds dans la nuit
C'était la nuit,
T'es où, putain,
Dans le matin ? C'est la nuit,
Dans la légèreté ?
Dans l'utopie ?
Dans la vessie du Diable ?
Où te chercher ?
C'est une lune sans nuit,
Un alcool sans vapeur,
Une barque qui prend l'eau,
Où ?
Je dois me replier,
Me reptiler,
Me piler,
Me plier ?
Il pleut désormais
Et désormais je dors
Sans rêve,
Où serais-tu si tu étais et
Que serais-tu ?
Le stade est vide,
La victoire angoisse la ville,
Je me casse vers les bas quartiers,
Les dealers de santé
Ne m'auront pas,
Je ne cherche que toi,
Même si le mot Fin se rapproche,
J'aurais voulu t'avoir
Avec moi
Pour une dernière histoire,
Où te chercher,
Où te trouver,
Les gens passent
En soupirant
Et s'esquivent dans leurs histoires à eux,
C'est juste les gens qui passent,
Juste des histoires
Où tu ne figures pas,
Fini le 17 juillet 2007, L.
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"Où étais-tu ?"
Passage
par amantsdanne, le 14 Septembre 2009 à 18:46Passage de l'ombre à la lumière
mais aussi de la lumière à l'ombre
quand l'ombre est protectrice
Passage de l'indifférence à la différence
Passage de la solitude à la cohésion
quand la solitude pèse,
passage à la légèreté
Passage de la claustration du corps à la nudité des corps,
pour toute parure la trace des caresses, l'eau des baisers mouillants,
le souffle oublié sur la peau humide, les traces plantées là par les dents avidesPassage d'une existence délavée, frustrée, éteinte
à une vie multicolore, assouvie, éclatantePassage du connu, du trivial, du commun
à la découverte, à la délicatesse neuve, au singulier,
du terrain plat à découvert à la forêt aux mystères enfouisPassage du raisonnable, calculé, compréhensible
à l'inconnu improvisé fantaisiste
du juge régulier à l'ange du bizarre
de l'ange du péché au juge des plaisirsPassage d'une facilité contrainte, d'une certitude acquise
à une incertaine et libertaire mise en abîme,
mise en danger permanent d'exister par soi-même
et par l'Autre choisiPassage de Toi,
de Moi
au Nous, infiniment multiplié par les mots et les gestes de l'amour
Pierre Bonnard
La sieste
(1900)
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